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© 2017 by Audrey Thizy

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Propositions préalables

 

Neige

Souvenir d’un jour de neige, d’un amoureux et de l’histoire qu’il lui a dédiée.

A nouveau la précision des lieux, de la date, la liste des éléments recouverts : « les tas, les monts, les toboggans, les matelas de neige ». La matière principale est là, épurée, les éléments du contexte et « l’œil » du narrateur apparaissent par touches : « freinait les gens dans leur élan », « plus disciple qu’ami » ; la sensation globale des jeux de cette journée est condensée dans « nous enveloppait comme une matrice ». La répétition de « mon amoureux », ainsi que des expressions touchantes comme : « l’élue de mon amoureux » « comme les petits enfants » (d’habitude on dirait comme des petits enfants) créent un rapport au monde à la fois enfantin et aigu. La dernière partie du souvenir avec l’histoire « du temps des chevaliers » et le baptême « Ruby », font apparaitre, comme un bijou, l’enfant qu’à été le narrateur qui en parle. 

 

( …)

 

De manière générale, l’approche de l’écriture est juste, sensible, le narrateur a un rapport prudent et généreux à la mémoire, il n’en dit pas trop, l’utilisation de la langue, légèrement décalée est porteuse d’un rapport au monde créateur. Il se dessine entre ces quatre souvenirs un lien, drôle, malicieux, la voix du narrateur est là, enfantine, écorchée, vivante.

 

Texte long

 

Une traversée en bateau, une mémoire devenue courant, des îles-souvenirs.

 

De façon globale, la métaphore filée poursuivie le long du récit est ingénieuse et sensuelle elle révèle le monde intérieur du narrateur, elle raconte le rapport qu’il entretient avec son vécu « en laissant certaines îles derrière moi » tout en créant des pépites poétiques :  « il y a au moins milles saisons sur la terre, ou bien il n’y en a que deux et il y a mille façons que se transforme l’une dans l’autre », la matière Neige également épouse l’idée de mémoire et touche : « Elle prend l’empreinte c’est tout, et en répétant son motif elle le rend juste et beau. »

 

Le souci de précision que le narrateur garde dans l’écriture de l’imaginaire rend sa traversée tangible : « plus haut, plus vers l’océane, plus loin des chutes, plus loin des cinq grands lacs », « parfois interrompue par un arbre, un ruisselet, une marée glacée et ces roseaux cristallisés » ; également une certaine naïveté d’expression : « la texture de cette neige fraîche lui permets d’accueillir le bateau et de l’attraper comme les pinces » rend personnel la métaphore, intime, donc littéraire.

 

Les répétitions et les listes de mots ou d’actions sont un point fort : « ne m’aspire, ne m’attire, ne m’avale dans sa rue principale », en ce qui  concerne la réécriture des souvenirs, le lien qui les unit à la fiction ; il semble que cela se fasse naturellement, en effet ils sont altérés par la réécriture sauf celui de Sarah qui a été copié, c’est intéressant de constater le résultat avec et sans réécriture. La première version est plus distanciée et plus cinglante, il y a plus d’éléments dans la seconde : « avant l’invention des téléphones portables » ou remarques spontanées (et pertinentes) : « ces plaisir qu’on s’offre moins adolescent, et encore moins adulte », la réécriture du second souvenir concernant la déception amoureuse a permis d’écrire ces deux diamants : « elle rend mon regard intérieur et extérieur aussi perçant que celui d’un hibou à la chasse » et « elles m’obligeaient à canaliser mon chagrin dans mes mains au piano », qui révèle de façon poétique et littéraire des parts blessées du narrateur, tout en montrant sa force d’esprit, de caractère.

 

Il y a également une autre voix qui apparait, peu mais elle est là, c’est celle qui se posait la question dans la description du premier souvenir avec les abeilles (j’avais peur qu’elles dérangent les autres ?), celle qui se reprend : « non mais en fait je l’ai traversé plusieurs fois » ou rit d’elle : « Quand mon amour m’a plaqué, non ! pas au sol ». 

Il y a peut-être une piste à explorer sur les niveaux de narration, auteur/narrateur/personnage

 

La métaphore ou en tout cas la dimension poétique semble faire émerger des vérités profondes chez le narrateur, on a envie de le connaitre. De lire son histoire. Les souvenirs sont tous plus truculents les uns que les autres. Le concret est la force de cette écriture. Ainsi que le désir d’authenticité du narrateur et l’encrage dans la langue (répétition, expressions inventées, phrases courtes ou articulées consciemment, précision des images, développement cohérent).