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© 2017 by Audrey Thizy

RETOUR 3

(…)

Ta force de travail est généreuse et sincère, tu cherches à des endroits différents et cette progression est bénéfique. Nous sommes arrivés au croisement. Quelque chose dans le ton se libère, les partis pris s’éclaircissent, les morceaux deviennent un, (« les bouts d’elle »), il va falloir néanmoins une dernière phase de réécriture pour éclaircir ce qui est en train de se trouver. 

En effet la traversée prend corps, elle se resserre autour de l’essentiel : la quête de soi, entre le présent du corps et les souvenirs. Un élan nouveau vient donner plus de caractère au narrateur, un abandon de la politesse dans le propos et même dans le style (point d’exclamation, phrases plus courtes, invectives, registre plus familier). On entend les doutes, la colère et le désir de métamorphose.

 

Le rapport à la beauté, au sensoriel qu’entretient le narrateur avec la finesse des paysages, des gens est instauré. 

 

Les souvenirs vont venir troubler cette traversée qui, même si elle est éprouvante, suit son cours.

Le propos est là, le sujet se cherche et se trouve, il reste à ôter un dernier frein à cette forme de libération :

  • C’est au niveau de l’adresse et de qui parle. 

(…)

→ le texte serait composé 1 : du moment présent

L’auteur, sur sa feuille se remet dans la peau de celle qu’il a été pendant cette marche : il dit JE au présent. 

Il se met dans sa propre peau, au moment qu’il décrit : « Les interminables champs de maïs ont fini (finissent) par céder du terrain à un sentier forestier. La végétation est dense, des verts côtoient des jaunes, des bruns, des rouges. Le soleil se faufile avec douceur entre les feuilles»

 

Dans ces moments, des souvenirs arrivent c’est toujours le présent mais c’est elle, c’est des flashs elle se revoit petite. (Donc là rien à changer)

 

→ le texte serait aussi composé 2 : de retour sur soi, sur l’intériorité ou le parcours c’est écrit en JE, mais ce n’est plus le moment de l’action, le narrateur pense à partir de sa chaise, de son stylo, il dit ce qu’il a traversé, ce qui lui semble avoir traversé, les découvertes qu’il était en train de faire sur le moment, son intériorité c’est au Passé : « Elle (je) déroule(déroulais) le tapis des évènements de sa(ma) vie. Se(me) demande(demandait) comment elle(j’en) en est(était) arrivée là ? A marcher des centaines de kilomètres sur les sentiers de France et de Navarre. Le constat est(était) simple, limpide. Elle a pris (j’avais pris) la fuite ! » 

 

  • C’est très subtil à percevoir, on dit JE mais il s’agit de deux temps différents. Comme dans un jeu vidéo, on a un casque sur les yeux, on est dans la jungle, et on dit: «je suis sur une plateforme, il y a des crocodiles sous moi, je passe le pont». Et il y a un autre temps où on dit: «je me rendais compte que je n’allais pas pouvoir passer le pont, toute ma vie j’ai cru que j’aimais les crocodiles, mais je n’aime pas la jungle, j’avais peur etc.». C’est un retour sur expérience.

 

(…)

Néanmoins il faut réfléchir à comment le narrateur peut être au courant des pensées de l’arbre, c’est très important comme question, sinon le lecteur ne sais pas d’où cela sort, soit c’est un rêve, mais le dialogue est difficile à mettre en place, soit les paroles du rêve sont rapportées par le narrateur. 

→ Cette scène semble trop irréelle par rapport à ce qui s’est passé avant. Il faut faire le travail de précision du narrateur et du temps de l’écriture, relire l’ensemble et voir ce qu’il y a à garder : Jusqu’à cette scène, qui est d’un registre différent (conte pour enfant) de ce qui l’a précédé, le récit est limpide, sensoriel et juste en ce qui concerne le tourbillon de la quête de soi, le rapport entre l’égo et le corps. 

 

La scène du dialogue «arbre racine », est trop fabriquée par rapport au reste, mais néanmoins elle amène cette idée du rapport à l’invisible perdu, de l’autre côté du miroir que cherche le personnage, il faut peut-être n’en garder que trois phrases, comme une manifestation dans le réel de cette présence, ne garder que la brèche qui se poursuivra avec les feuilles tourbillonnantes.

Conclusion : 

Maintenant le récit semble avoir de bonnes racines, nous allons prendre un temps pour relire ensemble ces quatre pages, si tu peux rester un peu après l’atelier entre 20h et 22h20, sinon pendant l’atelier, il y aura une heure et demie d’écriture collective avec des propositions individuelles, nous pourrons prendre chacune à part 4 personnes 20 minutes pour travailler concrètement et discuter sur l’ensemble et les retours, de vive voix. 

Ton travail évolue beaucoup, tu oses faire des changements subtils et significatifs, cela a permis de trouver un fil conducteur fort, intime et sensoriel, un socle pour des réflexions sur sa propre condition qui peuvent parler au lecteur, les souvenirs à partir de cette base vont pouvoir peut-être raconter cet autre chose que nous avions laissé de côté pour faire émerger la voix juste qui serait capable de la porter. L’aveu ? La découverte du vrai père, le secret ?