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© 2017 by Audrey Thizy

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L’intonation trouvée est explosive et charmante, il y a beaucoup de trouvailles dans ce texte plein d’humour. Mais il y a un côté presque baroque, c’est un peu abondant et au moment donné le lecteur ne s’y retrouve plus. C’est un texte écrit dans une urgence, mais il s’agit peut-être du temps de réécriture de patience permettant enlever ce qui est de trop, pour pouvoir ainsi donner plus d’espace à ce qui est vraiment important, en permettant aux pépites rares d’absurde  d’éveiller ce récit sans devenir pesantes.

La première question qui se pose, c’est la question sur la voix du narrateur, cette voix est burlesque, joyeuse et attirante, mais on ne sait pas à qui elle appartient, et c’est un peu perturbant. C’est une voix de quelqu’un intelligent, d’une culture générale qui fait envier, mais également c’est une voix omniprésente et non personnifiée. C’est un même temps une voix très subjective, mais pas assez pour que le personnage de narrateur puisse apparaître, c’est un peu à mi-chemin et c’est déroutant pour le lecteur. 

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Des pistes possibles pour le narrateur et le personnage : 

Le narrateur c’est le personnage principale  mais plus âgé, le personnage principale est la 3me, 1re ou 2me personne en singulier. Le narrateur et le lecteur ont  ainsi accès aux pensées, motivations et émotions de ce personnage, sans avoir accès au monde intérieurs des autres. La langue de ce personnage-narrateur apparaît déjà dans ce premier chapitre, mais elle n’est pas encore assez assumée, il faudra peut-être choisir si cette voix correspond à la petite ou à la narratrice plus âgée pour savoir ce que ce narrateur sait et ne sait pas (des précisions historiques, ou les histoires de sa naissance, par exemple), réfléchir sur son vocabulaire. Il s’agit probablement aussi de faire un choix pour ce qui concerne des particularités de ce personnage, sans en avoir trop et se concentrer là-dessus (la curiosité, une autre elle-même qui la pousse à accumuler un savoir, une habitude de donner des surnoms, l’invention des mots – à voir) et les faire ressentir dans la langue du narrateur. Si c’est le narrateur est la petite fille, la perception de cette fille devient ainsi la perception du narrateur, sa langue. Il ne s’agit ainsi pas de nommer ses particularités (comme le fait un narrateur omniprésent qui décrit les personnages), mais faire en sorte que le lecteur le sente, le devine, le comprenne dans l’action, à travers des événements qui ont lieu. Ce n’est pas le narrateur qui juge et qui se caractérise, c’est le lecteur qui à travers des actions du personnage comprenne de qui il s’agit. 

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Ce qui pourra faire apparaître le personnage plus, sans que le narrateur le caractérise, ce sont des répliques des autres sur elle.  Comme le sont les répliques déjà présentes de F. sur A. sont précises, drôles et perturbantes en même temps. Ces répliques de la mère sont d’ailleurs déjà appropriées par le narrateur-personnage (c’est une trouvaille). Incrustées dans la langue de la narratrice-personnage , ces répliques témoignent du caractère envahissant de la mère. Cette langue de mère qui parasite la perception du narrateur-personnage peut-être questionnée au moment donné.

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Le narrateur-personnage peut être aussi ressenti à travers de sa vison du monde. Est-ce que c’est la perception de la petite A qui transforme tout ce qui se passe autour d’elle en conte fantasque avec des personnages absurdes, est-ce qu’elle le fait pour s’enfuir dans une fiction salvatrice? Il s’agit peut-être aussi de trouver un équilibre entre ce qui burlesque et ce qui est tragique, pour que le lecteur puisse se rendre conte qu’il y a une autre histoire triste qui est raconté derrière cette conte carnavalesque. 

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Cette histoire est probablement une histoire de la transformation du personnage principal, qui a ses fragilités et ses contradictions, qui a ses sentiments qu’il apprend à découvrir. Si l’intrigue est la découverte de la maladie de la mère, il se retrouve aussi que c’est une histoire de comment devenir adulte dans ce monde fou où on peut compter sur personne, même sur sa mère.

Une autre suggestion concerne des registres différents du texte: une adresse au lecteur «cher lecteur», des consignes qui lui sont adressées «Pour un meilleur confort de lecture», des phrases en italiques, correspondant parfois aux pensées des personnages et parfois aux pensées du narrateur, des précision d’ordre terminologique et historiques en italique gras, des rajouts dans les parenthèses, des dialogues écrits comme tels et des dialogues réappropriés par le personnage -– il faudra peut-être simplifier et enlever ce qui n’est pas nécessaire et structurer le reste au maximum, pour que le lecteur puisse comprendre qui parle, à qui appartiennent des précisions.