Racine Carougne d'Amandine Monin

Racine Carougne, le livre d'Amandine Monin (prix de poésie Bernard Vargaftig) est publié aux Éditions Jacques Brémont.

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Vallée d’Aspe, Lescun vers la cabane d’Ansabère

Pierre n’arrête pas de demander à Philippe s’il a bien la carte, je me demande qui a la mienne et pourquoi les Pyrénées m’appellent autant qu’elles me rejettent.


Je reconnais l’Epicéa, je sais par Signol, qu’il s’arrache vite dans les tempêtes, on l’a introduit ici, importé, comme le latin, comme les hommes, comme l’ours, il parait que l’aiguille d’Ansabère est faite de calcaire, que le calcaire ce sont des organismes marins et du silice, des ossements fossiles remontés à la surface, je me dis qu’ à la longue les migrants au fond de la mer deviendront à leur tour montagne et qu’on les regardera de loin pousser vers le ciel.


Un mouvement continu brasse la terre, Whitman écrit que l’herbe c’est peut-être les cheveux des morts, il y a tant de monde en dessous qu’au bout d’un moment ils refluent, ils sont dans les arbres, dans le lierre, la roche, c’est pour ça, aussi, que la nature nous est si familière.



Quand on marche sur la croute terrestre, on est séduit par la circulation végétale, on ne voit pas les traces, on oublie ce qui se passe, ce qui s’est passé, pourtant il y a, il y a eu collision, affrontement, enchevêtrement des couches, les plaques lithosphériques se sont écartées, puis rencontrées, il y a eu rencontre, je me demande comment le relief des corps garde la trace de l’humanité, si on peut s’enfoncer dans un mot pour assister à sa naissance, comme pour les étoiles, comme pour les montagnes, si on peut le passer au carbone 14, il parait qu’en prononçant le premier nom d’une chose on est lié à elle pour toujours, voilà pourquoi sans doute, le baptême, voilà pourquoi la langue, le poème.

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